La Méditation c’est l’Intégralité

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Je souhaite depuis le début de ce blog présenter le site du Journal Integral, car c’est une mine d’or… Chaque article publié est riche, inspiré et stimule l’Etre… Le site se présente ainsi: « CHRONIQUES DE LA FIN D’UN MONDE, AVEC SES DIVERSES CRISES, LE JOURNAL INTÉGRAL OBSERVE L’AVÈNEMENT D’UN NOUVEL « ESPRIT DU TEMPS » QUI INSPIRE PENSEURS, CRÉATEURS ET COMMUNAUTÉS EN FAISANT ÉMERGER DES FORMES INNOVANTES DE RÉFLEXION ET DE SENSIBILITÉ. A CE NOUVEAU STADE DE L’ÉVOLUTION CULTURELLE CORRESPOND LA « VISION INTÉGRALE » D’UN HOMME RÉUNIFIÉ DANS UN KOSMOS RÉENCHANTÉ. L’AIR DU TEMPS EST EN TRAIN DE CHANGER. SOYONS À L’ÉCOUTE DE CES PAROLES INSPIRÉES QUI PERMETTENT DE L’INTERPRÉTER. »

Je ne saurais mieux dire et on parlera sans doute encore beaucoup de la vision intégrale sur site plus ou moins directement. Voici en tous cas un article sur Vimala Thakar… Lenom ne vous dira sans doute rien, c’était mon cas également, mais la lecture de ce qui suit vous donnera sans doute l’envie de vous familiariser un peu plus avec ses écrits (on trouve plusieurs de ses textes en français sur Internet… 

Voici une des idées essentielles (parmi d’autres) de ce texte « La méditation c’est l’intégralite » alors qu’aujourd’hui certains semblent considérer la méditation comme un sport/un loisir… au lieu de faire de leurs sports et de leurs loisirs (et de toute le reste) une méditation pour rendre hommage à la vie…

« Quand on me demande : « Comment méditez-vous ? Y’a-t-il une méthode ? ». Je supplie de comprendre que la méditation n’est pas une activité de l’esprit ou du corps. C’est un état d’être dans lequel on peut grandir, grandir totalement. C’est un état où le mouvement du passé en nous, du subconscient, de l’inconscient et du conscient, se fragmente, s’arrête, et fait place au silence total du mental conditionné. C’est un état de non mouvement dans la partie psycho-physique de notre être. » 

 

La Méditation c’est l’Intégralité

La méditation, c’est la rencontre de l’éternité dans le moment présent. Vimala Thakar 
Dans mon dernier billet, j’évoquais ma découverte de la méditation évolutionnaire grâce à l’émission « Onde de méditation« sur Radio Evolutionnaire. En introduction à une de ces émissions, son animateur – Denis Averland – a lu un texte sur la méditation qui m’a profondément touché. Je ne connaissais pas l’auteur de ce texte – Vimala Thakar – dont j’ai tapé le nom sur Google avec une orthographe incertaine. C’est ainsi que je suis tombé sur le site crée par Patrick Delhumeau – avec le soutien des « amis de Vimala Thakar » – dont le pour but est de faire connaître Vimala Thakar et ses enseignements. 
Ce fut une très belle découverte. Non seulement, j’ai retrouvé le texte que je cherchais et qui s’intitulait « La méditation, c’est l’intégralité » mais je découvrais un enseignement aussi profond qu’actuel. Dans la lignée d’un Krishnamurti qui l’a inspiré, Vimala Thakar propose de développer une nouvelle conscience humaine, libre de tout dogme et de toute autorité, à commencer par celle de l’ego. Elle promeut une révolution intérieure et relationnelle assez dynamique pour diffuser à travers toute la société grâce à une méditation toujours plus attentive au quotidien et à une compassion toujours plus aimante. 
Pour Vimala Thakar la méditation ne se réduit pas à une pratique mais elle est « un état d’être » et « une manière de vivre », deux titres de ses conférences dont je propose des extraits ci-dessous. Suite à ces textes, j’évoquerai brièvement sa biographie qui illustre sa trajectoire spirituelle. Le but de tout ceci est de donner envie d’explorer un enseignement qui s’inscrit totalement dans la perspective intégrale des Trois Yeux de la Connaissance réactualisée par Ken Wilber puisque que Vimala Thakar considère la méditation comme « une science plus précise que toutes les sciences physiques, c’est la méthode d’investigation de la réalité spirituelle. De même que les sciences physiques existent, ceci est la science de la vie, la science qui nous permet de découvrir l’essence de la vie ». 
La méditation c’est l’intégralité
Vimala Thakar
Le lieu de la méditation, c’est l’être, sans temps, sans son, sans motif.
Quand surgissent les défis et que l’action est nécessaire, l’être total répond, d’une façon alerte et sensible, dans une vibrance spontanée, mais quand l’action n’est pas nécessaire, l’être se relaxe dans le lieu du silence sans mouvement, et là, il est régénéré.
Passant au travers de la réalité bien déterminée du connu et de la sombre forêt de l’inconnu, vous atteignez la réalité non cérébrale, la réalité telle qu’elle est, là où il y a libération de tout esclavage.
Après avoir fait la traversée, vous revenez vivre avec les sens, avec le monde cérébral, en utilisant la pensée. Vous revenez, mais vous n’êtes plus seul, parce que le bien-aimé, la réalité, l’essence de la vie est avec vous. La séparation n’est plus possible. Ce changement n’est pas un achèvement mais une croissance totale; ainsi il n’y a pas de peur de le perdre.
L’esprit possède intact tous les talents et toutes les capacités : tout est là. Cependant, quand l’activité mentale n’est pas nécessaire, la pensée n’agit pas, ne bavarde pas sans cesse. Il y a cessation totale de l’activité mentale. Cela, c’est la réelle méditation. 
Ainsi, la méditation c’est vivre dans la liberté inconditionnelle et la relaxation de l’innocence, et se trouver relié à tout par l’indescriptible beauté de cette innocence.
La méditation, c’est la rencontre de l’éternité dans le moment présent. La voie méditative implique la totalité de l’être dans chaque réponse à chaque mouvement de la vie à l’intérieur et au dehors.
 L’état de méditation est présent du matin jusqu’à la nuit à travers toutes les relations, toutes les activités de la journée. Ce n’est pas une acquisition de l’esprit qui vous serait accordée toutes les fois que vous auriez le temps.
La méditation, c’est la perception de toute chose en relation avec la totalitéla réponse à toute chose dans la perspective de l’intégralité. Rien dans la vie ne s’égare, rien n’est en dehors de l’intégralité.
C’est résoudre chaque problème comme il vient, résoudre chaque tension comme elle se présente. C’est faire face sans crainte aux défis de la vie, vivant pleinement chaque moment, et puis mourant à lui. La méditation, c’est être relié aux faits tels qu’ils sont et non souhaiter les évincer. C’est vivre exposé à chaque mouvement de la vie sans aucun mécanisme de défense.
La méditation, c’est marcher à travers les couleurs de la dualité, de la joie et du chagrin, de la naissance et de la mort, de la souffrance et du plaisir, dans la grandeur de l’intégralité, dans l’austérité de l’attention, sans être empêtré, bloqué où que ce soit.
La méditation ne peut pas être enchaînée au temps et à l’espace, elle n’est limitée par aucune des constructions de l’esprit.
Par la méditation, vous devenez capable de vivre en relation avec l’infini, l’éternité, le sans-mesure; et l’intelligence cosmique, le principe de vie qui n’a pas été conditionné par l’esprit humain, agit et opère. IL apporte la sensibilité, la spontanéité, la créativité à chaque action. Une terrible force d’intelligence commence à opérer. Chaque pore de votre être devient le centre de l’intelligence.
La personne qui vit en méditation devient une cellule vivante d’une vie nouvelle, d’une nouvelle approche de vie commune dans la paix, d’une façon innovatrice de résoudre les problèmes intensément litigieux en face desquels se trouve l’humanité. 
La méditation est une pertinence pour les vies de ceux qui aspirent ardemment à vivre. Elle est pertinente pour les vies de ceux qui sentent qu’être vivant est une bénédiction.
 (Extrait de La méditation, une manière de vivre. Traduction par P. et M.Hanriot de « Meditation, a way of life » édition de 1985)
La méditation, un état d’être 
La méditation concerne ceux qui aspirent à vivre et sentent que vivre est une bénédiction. Elle concerne ceux qui voient combien la vie les a bénis en leur donnant l’opportunité de vivre en relation avec les autres. A moins d’avoir foi dans la vie, à moins de voir le caractère sacré de la vie, l’acte de vivre est dénué de sens.
La vie est une totalité. C’est une entité organique homogène dans laquelle tout est relié. La corrélation entre tout ce qui vit et bouge est complexe. La vie est toujours entité, une entité qui ne peut jamais être fragmentée. Elle est non divisible, non fragmentable. C’est un tout. Etre spirituel, c’est voir la totalité dans le particulier. 
Les sens intégrés dans le corps ont leur propre limite, ils ne peuvent pas appréhender la totalité de la vie. Ils ont la capacité d’atteindre un objet particulier, à un moment précis. Le particulier est relié à la totalité de façon organique, la totalité est dissimulée dans le particulier. L’illusion a lieu quand le particulier est perçu comme singulier, séparé du tout ; mais quand il est vu dans le contexte du tout, il est aussi divin que la totalité. Etre spirituel, c’est être capable de voir la totalité cachée, dissimulée dans le particulier
Le savoir n’est pas suffisant pour une transformation. Avec l’aide des mots, de la philosophie, nous pouvons voir la totalité organique, l’homogénéité de la vie. Mais voir n’est pas suffisant, la compréhension intellectuelle n’est pas suffisante. Le savoir ne peut transformer la moelle intérieure de notre être ; il est stérile. La compréhension intellectuelle peut faire de vous un érudit, mais elle ne peut vous transformer. 
Pourquoi le savoir intellectuel, mis en réserve dans la mémoire, ne peut-il transformer l’être humain tout entier ? Parce que les conditionnements sont gravés, non seulement dans le cerveau, mais dans tout l’être humain, dans le système neurologique, chimique et hormonal. Le mental n’est pas seulement contenu dans le cerveau, mais c’est vous tout entier. Les conditionnements de la famille, de la communauté sont gravés dans la totalité de votre être. 
Le mot et ses interprétations mises en réserve dans la mémoire peuvent changer la couche superficielle de la conscience, mais ils ne peuvent atteindre ni le subconscient ni même l’inconscient. C’est pourquoi une personne qui a étudié la Gità, le Vedânta, etc… n’est pas à l’abri de la colère, de la jalousie et autres mouvements psychologiques. Tout le savoir est balayé par le poids du passé. Il n’est pas suffisant ; la méditation est nécessaire. …

Quand on me demande : « Comment méditez-vous ? Y’a-t-il une méthode ? ». Je supplie de comprendre que la méditation n’est pas une activité de l’esprit ou du corps. C’est un état d’être dans lequel on peut grandir, grandir totalement. C’est un état où le mouvement du passé en nous, du subconscient, de l’inconscient et du conscient, se fragmente, s’arrête, et fait place au silence total du mental conditionné. C’est un état de non mouvement dans la partie psycho-physique de notre être.

Nous vivons dans des structures socio-économiques où, tout le jour, on doit travailler dur, physiquement et intellectuellement, à une vitesse inhumaine. Le système nerveux, l’esprit, s’épuisent car ils fonctionnent sans répit et l’homme est arrivé à croire que bouger physiquement et intellectuellement, c’est vivre.
Le mouvement est un aspect de la vie, mais le non-mouvement également, et tout aussi important. La parole est un aspect, une partie de la vie, mais le silence inconditionnel également. Forme et non-forme, son et silence, mouvement et non-mouvement, lumière et obscurité, naissance et mort, ces paires d’opposés constituent « l’entièreté » de la vie. L’homme les a opposées et il les regarde comme des entraves à la vie. Et cependant, y a-t-il une contradiction entre naissance et mort, ou la vie est-elle une continuité, un éternel océan d' »êtreté » sur lequel flottent les bulles de la naissance et de la mort ?
Le silence est une part substantielle de notre vie, le non-mouvement est un état de notre être auquel nous n’avons pas accès. Notre façon de vivre, c’est d’amasser sans cesse, des objets sur le plan matériel, du savoir sur le plan intellectuel, de l’expérience sur le plan sensoriel et psychologique. Nous n’arrêtons pas d’amasser et le Je, le moi, l’ego se renforcent à chaque expérience, à chaque réalisation, et nous créons des barrières autour de nous par notre propre savoir, notre expérience, nos biens. Dans cet enclos, nous nous sentons en sécurité, nous vivons à l’écart, isolés de la totalité de la vie à cause du sentiment de possession.
La méditation est une façon de vivre qui nous fait accéder à cette autre part de notre vie : le silence, le non-mouvement ; elle nous introduit dans notre pure êtreté qui n’a jamais été conditionnée et ne le sera jamais. .. (La méditation, un état d’être. Traduction par Françoise Mazet et Monique Tournier de « Meditation in daily life » édition de 1988)
Qui est Vimala Thakar ? 
Vimala Thakar est une indienne et un auteur connu dans les milieux anglophones pour ses ouvrages de spiritualité qui sont souvent la transcription des nombreuses conférences et échanges donnés tout au long de trente années de voyage dans le monde entier. Elle est née en Inde, dans la province du Mahârâstra, près de Bombay en 1923, dans une famille de brahmanes. Elle y a grandi dans un climat de cosmopolitisme religieux et de tendresse familiale auquel elle dit devoir beaucoup.
Krishnamurti
Après une formation universitaire et un voyage aux États-Unis et en Angleterre qui l’a mise en contact avec les disciplines scientifiques et les réalités technologiques, elle a rencontré Vinoba Bhave, héritier spirituel de Gandhi, soucieux de promouvoir une révolution sociale non-violente dans la société indienne. Elle est alors entrée dans le mouvement Bhoodan et y a passé huit années durant lesquelles elle a visité presque tous les états de l’Inde, tenant des meetings, organisant des camps de travail, collectant des dons de terres pour les distribuer aux paysans. Elle s’est formée durant ces voyages et à travers des séjours à l’étranger où elle a pu observer les effets de différentes formes de gouvernement et prendre conscience des méfaits causés par le racisme et les nationalismes de toutes sortes. Elle en a conclu à l’impuissance des systèmes politiques à rendre les hommes libres et heureux.
Elle a connu alors une crise spirituelle profonde et une remise en cause de toutes ses certitudes. Elle parle elle-même d’une nouvelle et douloureuse naissance. La rencontre de Krishnamurti a joué un rôle dans ce retournement et a fait basculer son désir de révolution sociale en une exigence préalable de transformation personnelle. En 1961, celui-ci lui a conseillé de déplacer son champ de parole et d’action du domaine social au domaine spirituel.
Une révolution intérieure 
A commencé alors un long périple à travers le monde pour partager avec qui voulait l’entendre sa conviction sur la nécessité d’une libération intérieure. Des groupes informels intitulés « les Amis de Vimala » ont fleuris dans le monde entier, se regroupant autour du thème de la révolution intérieure. Elle finit toutefois par les dissoudre pour éviter tout risque de fixation sur sa personne. Le récit de ces voyages a été publié en Inde en 1996 par sa secrétaire Kaiser Irani, sous le titre Vimalaji’s Global Pilgrimage. 
Comme Krishnamurti, Vimala Thakar ne cesse de récuser en matière spirituelle le principe d’autorité. Ce n’est pas un enseignement hiérarchiquement cadré qu’elle propose mais un compagnonnage dans la recherche : « Je ne suis pas une autorité qui fait des exposés ou des discours. Je partage avec des amis, et ce partage est méditation. « . À la remarque: « Vos interventions et vos voyages, pas plus que ceux de Krishnamurti, n’ont changé le monde« , elle répond : « Nous n’avons jamais prétendu changer le monde ni l’humanité, mais seulement partager modestement, avec quelques chercheurs sérieux, des valeurs d’amour, de compréhension et de compassion qui seules nous semblent capables de faire bouger la société« . Vimala Thakar est décédée le 11 mars 2009 à Mont Abu (Rajasthan), à l’âge de 87 ans.
Cet aperçu biographique est tiré du livre d’Alain Delaye : Sagesse Concordantes (Editions Acacias L’originel). L’auteur y évoque quatre grandes figures de la spiritualité moderne : Prajnânpad, Krishnamurti, Vimala Thakar et Etty Hillesum. On trouvera dans ce livre une présentation des enseignements de Vimala Thakar et une préface d’André Comte-Sponville qui écrit:  » Voici un livre singulièrement précieux, qui rendra de grands services. De quoi s’agit-il ? D’une étude de sagesse comparée (comme on parle, dans nos universités, de « littérature comparée »), mais qui n’en va que plus droit à l’essentiel… Travail considérable, qui dut prendre des années, et qui en fera gagner quelques-unes à ses lecteurs… 
C’est un merveilleux cadeau qu’Alain Delaye nous fait : voilà, enfin rassemblés, plusieurs des discours les plus toniques et les plus justes qui aient jamais été tenus, à ce que je crois, sur notre vie telle qu’elle est, telle qu’elle passe, mais aussi (quoique ce soit en vérité la même chose) sur la sagesse, sur le bonheur, sur la liberté, sur la vérité… enfin sur l’absolu où nous sommes, qu’on peut appeler Dieu ou l’être, si l’on veut, mais qui n’a pas de nom et qui est tout. « 
Ressources
Vimala Thakar. Ce site a pour but de faire connaître Vimala Thakar et son enseignement, de proposer des textes, des images, de faire entendre sa voix. Traduits par « les amis de Vimala», de traductions de ces textes sont mis gracieusement à la disposition des lecteurs sous forme de fichiers pdf téléchargeables pour permettre aux chercheurs francophones d’avoir accès à l’enseignement de Vimala Thakar.

Biographie complète de Vimala Thakar par Alain Delaye
Entretien avec Alain Delaye sur son livre Sagesse Concordantes
Ken Wilber. Les Trois Yeux de la Connaissance. (Trois billets)
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