Elif Shafak : Soufi, mon amour

soufi

« Ta tâche n’est pas de chercher l’amour, mais simplement de chercher et trouver tous les obstacles que tu as construits contre l’amour. »
Rumi

Avant de vous donner le plaisir de lire la présentation de ce livre fabuleux par la Licorne, je souhaite vous présenter le site de cette licorne bienveillante qui partage de manière régulière ses commentaires et citations choisies d’ouvrages toujours remarquablement choisis justement… Son site se nomme Livres d’or et je confirme que l’on y trouve une sélection qui brille autant par sa diversité que par la richesse des oeuvres proposées. J’ai pu aussi bien y relire des passages de livres que j’ai aimé, me laisser bercer par quelques lignes de livres sur lesquels je tomberai peut-être un jour par coïncidence ou synchronicité, ou parfois encore avoir le coup de foudre pour quelques lignes, avant de déguster l’ouvrage recueillant les quelques pépites offertes par la Licorne… Coup de foudre, c’est le moins que l’on puisse dire pour une histoire qui évoque l’histoire du poète persan Rûmi, lui qui comme Omar Khayyam sait fuir les dogmes qui limitent pour embrasser l’inspiration qui enivre, l’amour de la Création, l’amour de soi et de nos entièretés, de nos liens à la totalité… Encore une fois, vistez le site de la Licorne, vous ne serez jamais déçu,… ah prendre le temps de lire, prendre le temps, encore et encore, quitte à la voler si nécessaire à ces quotidiens qui ne se laissent pas toujours faire, mais comme le reste, le temps s’apprivoise à défaut de se laisser dompter… Bonne lecture…

 

45. ELIF SHAFAK : Soufi, mon amour

J’avais entendu parler de ce livre…à plusieurs reprises mais j’ai longuement repoussé le moment de le lire. Ne faites pas comme moi : précipitez-vous, c’est vraiment une « perle » !
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Deux récits en un, puisque l’on y suit deux histoires parallèles, qui se répondent « en miroir » : celle d’une rencontre contemporaine (entre une femme de 40 ans et un auteur inconnu) et celle, au 13ème siècle, de Rûmi, le grand poète et mystique, et de Shams de Tabriz, son « alter ego ».
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Je ne vous en dirai pas plus sur l’intrigue, car ce serait sans doute un peu long, mais ce que je peux vous dire, c’est que c’est vraiment un livre qui vous « happe » et vous tient en haleine… tout en parlant merveilleusement bien de la « magie » de l’amour, et de la façon dont il « change » totalement la vie de ceux qui osent s’ouvrir à lui.
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En outre, les quarante « règles de sagesse » qui ponctuent le livre sont de petites « merveilles » à méditer longuement…
Les quarante règles de l’amour (début) :

1- La manière dont tu vois Dieu est le reflet direct de celle dont tu te vois.

 Si Dieu fait venir surtout de la peur et des reproches à l’esprit,
 cela signifie qu’il y a trop de peur et de culpabilité en nous.
 Si nous voyons Dieu plein d’amour et de compassion,
 c’est ainsi que nous sommes.
2- La voie de la vérité est un travail de cœur, pas de la tête.
 Faites de votre cœur votre principal guide !
 Pas votre esprit.
 Affrontez, défiez et dépassez votre nafs avec votre cœur.
Connaitre votre ego vous conduira à la connaissance de Dieu.
3- Chaque lecteur comprend le Saint Coran à un niveau différent,
parallèle à la profondeur de sa compréhension.
Il y a quatre niveaux de discernement.
Le premier est la signification apparente,
et c’est celle dont la majorité des gens se contentent.
Ensuite, c’est le batin le niveau intérieur.
Le troisième niveau est l’intérieur de l’intérieur.
Le quatrième est si profond qu’on ne peut le mettre en mots.
Il est donc condamné à rester indescriptible.
4- Tu peux étudier Dieu à travers toute chose
et toute personne dans l’univers
parce que Dieu n’est pas confiné dans une mosquée,
une synagogue ou une église.
Mais si tu as encore besoin de savoir précisément où Il réside,
 il n’y a qu’une place ou Le chercher :
dans le cœur d’un amoureux sincère.
5- L’intellect relie les gens par des nœuds et ne risque rien,
mais l’amour dissout tous les enchevêtrements et risque tout.
 L’intellect est toujours précautionneux et conseille :
 » Méfie-toi de trop d’extase ! « 
 Alors que l’amour dit : « Oh, peu importe ! Plonge! »
6- La plupart des problèmes du monde viennent
d’erreurs linguistiques et de simples incompréhensions.
Ne prenez jamais les mots dans leur sens premier.
 Quand vous entrez dans la zone de l’amour,
le langage tel que nous le connaissons devient obsolète.
Ce qui ne peut être dit avec des mots
ne peut être compris qu’à travers le silence.
7- L’esseulement et la solitude sont deux choses différentes.
Quand on est esseulé, il est facile de croire qu’on est sur la bonne voie.
La solitude est meilleure pour nous,
car elle signifie être seul sans se sentir esseulé.
Mais en fin de compte, le mieux est de trouver une personne,
 la personne qui sera votre miroir.
N’oubliez pas que ce n’est que dans le cœur d’une autre personne
qu’on peut réellement se trouver et trouver la présence de Dieu en soi.
8- Quoi qu’il arrive dans la vie, si troublant que tout te semble,
n’entre pas dans les faubourgs du désespoir.
Même quand toutes les portes restent fermées,
Dieu t’ouvrira une nouvelle voie.
Sois reconnaissant !
Il est facile d’être reconnaissant quand tout va bien.
Un Soufi est reconnaissant non pas pour ce qu’on lui a donné,
mais aussi pour ce qu’on lui a refusé.
9- La patience, ce n’est endurer passivement.
C’est voir assez loin pour avoir confiance
en l’aboutissement d’un processus.
L’impatience signifie une courte vue,
qui ne permet pas d’envisager l’issue.
 Ceux qui aiment Dieu n’épuisent jamais leur patience,
 car ils savent qu’il faut du temps
 pour que le croissant de lune devienne une lune pleine.
10 – Est, Ouest, Sud, ou Nord, il n’y a pas de différence.
Peu importe votre destination assurez-vous seulement
de faire de chaque voyage un voyage intérieur.
Si vous voyagez intérieurement,
vous parcourez le monde entier et au-delà.
11 – Les sages-femmes savent que lorsqu’il n’y a pas de douleur,
 la voie ne peut être ouverte pour le bébé
 et la mère ne peut donner naissance .
De même pour qu’un nouveau Soi naisse, les difficultés sont nécessaires.
Comme l’argile doit subir une chaleur intense pour durcir,
l’amour ne peut être perfectionné que dans la douleur.
12 – La quête de l’Amour nous change.
Tous ceux qui sont partis à la recherche de l’Amour ont mûri en chemin.
 Dès l’instant ou vous commencez à chercher l’Amour,
vous commencez à changer intérieurement et extérieurement.
13 – Il y a plus de faux gourous et de faux maîtres
dans ce monde que d’étoiles dans l’univers.
Ne confonds pas les gens animés par un désir de pouvoir
et égocentriste avec les vrais mentors.
Un maitre spirituel authentique n’attirera pas l’attention sur lui ou sur elle,
 et n’attendra de toi ni obéissance absolue ni admiration inconditionnelle,
mais t’aidera à apprécier et à admirer ton moi intérieur.
Les vrais mentors sont aussi transparents que le verre.
Ils laissent la Lumière de Dieu les traverser.
14 – Ne tente pas de résister aux changements qui s’imposent à toi.
Au contraire, laisse la vie continuer en toi.
Et ne t’inquiète pas que ta vie soit sens dessus dessous.
Comment sais –tu que le sens auquel tu es habitué est meilleur que celui à venir ?
15 – Dieu s’occupe d’achever ton travail, intérieurement et extérieurement.
Il est entièrement absorbé par toi.
 Chaque être humain est une œuvre en devenir qui,
lentement mais inexorablement,
progresse vers la perfection.
Chacun de nous est une œuvre d’art incomplète
qui s’efforce de s’achever.
.
Elif Shafak
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