Triste Mesure au Festival ‘Bonjour Pardubice’

L’exposition virtuelle proposée dans le cadre de Bonjour Pardubice 2020 verra la présentation de certaines photographies et la lecture des poèmes correspondants. Cette présentation sera accompagnée musicalement par le guitariste Alex Shiel. Le projet fera ensuite l’objet d’une exposition à Pardubice courant 2021. Cet événement du lundi 16 novembre se veut donc le début d’une forme de discussion entre « Triste mesure » et Pardubice.
Vous trouverez ci-dessous les traductions en tchèque et en anglais des poèmes sélectionnés pour la présentation en ligne du 16 Novembre.

Triste Mesure
Smutná Míra
Sad Measure

À ma droite un parfum de luxure
Empoisonne tous mes sens de haine,
Mais c’est dans cet air de démesure
Que je brise le fer de mes chaînes.

À ma gauche un pauvre vieil Homme
Vomit la soupe que son estomac
Bien trop vide ne supporte pas ;
Mon ventre crie, ma chance m’assomme.

Devant moi les visages filent,
Anonymes, hautains et sévères,
Mais dans ce paysage s’exprime
Sans fin le mime du grand mystère.

Derrière moi le temps s’efface,
Ce vide m’invite à réinventer
Des remèdes contre la démence
Des gardiens et des prisonniers.

Po mojí pravici parfém s vůní chlípnosti
Kalí všechny moje smysly nenávistí
Ale je to v téhle atmosféře přehnanosti,
Kdy rozbíjím své okovy.

Po mojí levici starý chudák
Zvrací polévku, kterou jeho
Prázdný žaludek nedokáže strávit
Moje břicho řve, jsem omráčen vlastním štěstím.

Přede mnou vystupují tváře,
Bezejmenné, nadějné a přísné,
Ale tahle krajina zobrazuje
Bez konce mima velké záhady.

Za mnou mizí čas,
Prázdnota mě vyzývá
Ke znovuobjevení léku proti bláznovství
Bachařů a vězňů.

On my right a fragrance of lust
Poison all my sense with hatred
But it’s in this air of excess
That i break the iron of my chains.

To my left a poor old man
Vomit the soup that his stomach,
Far too empty does not support;
My belly screams, my luck stunts me.

In front of me faces are speeding,
Anonymous, haughty and severe,
But in this landscape is expressed
Endlessly, the mime of the great mystery.

Behind me time is fading,
The void invites me to reinvent
Remedies against the dementia
From the guards and the prisoners.

J’ai aperçu le futur ce matin,
Rieur, joueur, un brin bagarreur.
Il m’a fait un signe de la main,
Je lui ai souri avec ferveur.
Distrait par des choses insensées,
Je le quittais des yeux un instant.
Assez pour qu’il s’éclipse d’un trait,
L’absence laissant place au néant.
Lorsqu’au soir enfin la vue me fut rendue,
Je pus le contempler en face, au présent.
Offrande du Temps et des Cieux inconnus,
Dont le mystère éclaire nos aveuglements.

Dneska ráno jsem spatřil budoucnost,
Veselou, hravou, trochu bojovnou.
Mávnula na mě rukou,
Horlivě jsem se na ni usmál.
Rozptýlen nesmyslnými věcmi,
Jsem od ní na okamžik odvrátil zrak,
Dost dlouho na to, aby náhle zmizela,
Její nepřítomnost uvolňuje prostor nicotě.
Až večer se mi vrátil zrak,
Mohl jsem ji pozorovat tváří v tvář, v přítomnosti
Darovanou časem a neznámými nebesy
Jejichž tajemství osvětluje naši slepotu.

I saw the future this morning,
Cheerful, playful, a bit of a fighter.
He waved to me,
I smiled fervently.
Distracted by insane things,
I took my eyes off it for a moment.
Enough for it to disappear in one stroke,
Its absence giving space to nothingness.
When at night finally the sight was returned to me,
I could contemplate it face to face, in the present.
Offering from time and unknown heavens,
Whose mystery illuminates our lack of consciousness.

La force est là, à peine perceptible.
Certains l’appellent destin,
Mais la nommer, c’est déjà manquer la cible.

Elle est là qui fulmine, tapie en un coin.
Elle gronde, elle piétine,
Prête à jaillir au creux des quotidiens.

On perçoit son grondement traversant nos vies,
Sauvage et voluptueux animal,
Dompté à mesure que l’on en voit l’esprit.

Je tam síla, sotva znatelná,
Někteří to nazývají osud,
Ale pojmenovat ji, už znamená minout cíl

Je tam, hřímající, číhající v rohu,
Burácí, rozdupává,
Připravená vytrysknout do prázdnoty všednosti.

Můžeme zaznamenat její burácení protékající naším životem,
Divoké a smyslné zvíře,
Které krotíme, když spatříme jeho podstatu.

The force is here, is there, barely perceptible.
Some call it destiny,
But to define it, is to already miss the target.

She is there, fulminating, lurking in a corner.
She scolds, she tramples,
Ready to burst in the heart of our everyday life.

We can hear its rumbling through our lives,
This wild and voluptuous animal,
That we tame as we see its spirit.

L’arbre est le poète millénaire,
Qui s’élance discret,
Dans le calme de ses mystères.
Il parle le langage de la Terre
Et dispense son amour
Par l’essence de sa présence.

L’arbre est le mage lunaire
Qui transpire sans cesse
Son amoureuse colère.
Il parle la langue des oiseaux,
Qui s’élèvent à chaque instant
En symbiose avec les éléments.

L’arbre est le sage étrange,
Dont les racines plongent
Au plus profond de nos mémoires.
Il parle à travers le temps
Et ses alliés s’appellent
La mer, le feu et le vent:
Dans ses songes il réveille
Le tremblement des terres
Et les flammes des volcans.

L’arbre est l’ami solitaire,
Qui se lasse de nos aveuglements;
Une dynamique primaire
Cache la forêt des sacrements.
Il parle en silences d’amour
Et ses lumières uniques
Accordent nos âmes à l’instant.

Strom je tisíciletý básník
Který se nenápadně povznáší,
V klidu svých tajemství.
Mluví jazykem země
A rozdává lásku
Podstatou jeho přítomnosti.

Strom je lunární mág
Který nekonečně vyjevuje
Jeho milostný hněv.
Mluví jazykem ptáků,
Kteří vzlétají každou chvíli
V symbióze s živly.

Strom je podivný mudrc,
Jehož kořeny sahají
Do naší nejhlubší minulosti.
Mluví napříč časem
A jeho spojenci se jmenují:
Moře, oheň a vítr.
Z jeho snů se probouzí,
Zemětřesení
A plameny vulkánů

Strom je osamělý přítel,
Unavený z naší slepoty;
Prvotní dynamika
Skrývá les svátostí.
Mluví tichostí lásky
A jeho jedinečné světlo
Okamžitě smiřuje naše duše.

The tree is the thousand-year-old poet
Who goes off discreetly,
In the calm of its mysteries.
He speaks the language of the earth
And lavishes his love
By the essence of his presence.

The tree is the lunar mage
Who is constantly perspiring
His angry love.
He speaks the language of the birds,
Who rise each moment
In symbiosis with the elements.

The tree is the mysterious sage
Whose roots are diving
In the depths of our memories.
He speaks through time
And his allies are named :
The sea, the fire and the wind.
From his dreams he wakes up
The raging, rumbling earth
And the flames of volcanoes.

The tree is the lonely friend,
Who gets tired of our blindness;
A primary dynamics
Hide the forest of sacraments.
He speaks in silences of love
And its unique lights
Are tuning our souls instantly.

Donne-moi la main,
Et n’aie pas peur.
Je sais, tu viens de la lumière
Et tout est si sombre ici.
Viens, je te montrerai les beautés
Qui jalonnent le chemin de l’existence.
Je t’apprendrai à vivre et remercier
Le souffle qui génère nos expériences.
On s’arrêtera en chemin
Pour parler avec les ombres de la lumière.
On apprendra à traverser les murs,
À percer des raccourcis et des détours,
Pour inviter les lueurs au cœur des nuits profondes :
Peu importe la fin pour qui connaît le commencement…
Je ne te promets rien de lointain,
Seulement la Joie de l’instant,
L’humilité nécessaire à nos destins
Pour vivre notre amour au présent.

Dej mi ruku a neměj strach.
Vím, že přicházíš ze světla
A všechno tady je tak temné.
Pojď, ukážu ti krásy,
Které lemují cestu existence.
Naučím tě žít a děkovat
Dechu, který tvoří naše zážitky
Po cestě se zastavíme,
Abychom promluvili se stíny světel.
Naučíme se projít zdmi
Propojit zkratky a okliky,
Pozvat záblesky do srdce temných nocí
Pro toho, kdo poznal začátek, není konec tak důležitý…
Neslibuji ti nic vzdáleného
Jen radost z momentu
Potřebnou pokoru k našim osudům
Abychom mohli žít naši lásku v přítomnosti.

Give me your hand,
And be not afraid.
I know, you come from the light
And everything is so dark here.
Come, I’ll show you the beauties
That punctuate the path of existence.
I will teach you to live and thank
The source that generates our experiences.
We will stop on the way
To speak with the shadows of light.
We will learn how to cross walls,
To drill shortcuts and detours,
To invite the light into the heart of deep nights:
No matter the end, for who knows the beginning …
I promise you nothing faraway,
Only the joy of the moment,
The humility necessary for our destinies
To live our love in the present.

Faut-il être ivre pour parler d’amour, de mort, et de poésie ?
Pourquoi cultiver cette étrange et cruelle amnésie ?

Qu’à cela ne tienne, trinquons pour nous libérer des poisons
De l’indifférence et du cynisme, des excès de la raison.

À notre guise de cultiver la joie à toutes ses sources
Ou de succomber aux vaines routines qui essoufflent.

Má být člověk opilý, aby mohl mluvit o lásce, smrti a poezii?
Proč pěstovat tuhle podivnou a krutou amnézii?

Nevadí, pijme, abychom se osvobodili od jedů,
Od lhostejnosti a cynismu, od výstřelků rozumu

Je to na nás, abychom čerpali radost ze všech zdrojů,
Nebo abychom se podřídili marným rutinám, které nás dusí.

Should one be drunk to talk about love, death, and poetry?
Why do we cultivate this strange and cruel amnesia?

Never mind, let’s drink to free us from the poisons
Of indifference and cynicism, from the excesses of reason.

It’s up to us to cultivate joy in all its sources
Or to succumb to vain routines numbing us to our end.

Tout doit disparaître.

Esthétique subvertie
À la vitesse des ventes
Qui s’enchaînent et qui enchaînent
Entre le miel et l’acide.
Tous en boîte, formatés,
Prêts à servir l’absurde
De prix et de chiffres frelatés,
Transpirant leur cynisme sur les murs.
Labyrinthe marchand
Où même l’amour se vend,
Mais ne s’achète jamais ;
Où l’horreur distrait
Et la beauté ment.

Tout doit disparaître.

Všechno musí zmizet.

Rozvrácená estetika
Rychlostí výprodeje
Která se řetězí a svazuje řetězy
Mezi medem a kyselinou.
Vše v krabicích, zformátováno,
Připravena nabídnout absurdno,
Za pokřivené ceny
Vyjevovat svůj cynismus na zdi.
Obchodní labyrint
Kde se prodává dokonce i láska,
Ale nikdy nekupuje;
Kde se ohavnost baví
A krása lže.

Všechno musí zmizet.

Everything must go.

Subverted aesthetics
At the speed of sales
That are chaining up and chaining us
Between honey and acid.
All in boxes, formatted,
Ready to serve the absurd
Of tainted prices and figures,
Spreading their cynicism on walls.
Commercial labyrinth
Where even love is sold,
But never bought;
Where horror distracts
And beauty lies.

Everything must go.

Quelques siècles d’inattention
Pour bâtir ensemble une prison,
Au risque de détruire notre maison.

Entre une Nature assujettie
Et les élans sauvages du béton
Se tissent les fils de notre folie.

Entre Amour et Raison,
Distinguer le maître du servant,
Si l’on ne veut chuter complètement.

Si l’on ne veut chuter complètement.

Několik staletí nevědomosti
Abychom mohli společně vybudovat vězení,
A riskovat zničení našeho domova.

Mezi podmaněnou přírodou
A divokým rozmachem betonu
Se vine nit našeho bláznovství.

Mezi láskou a rozumem,
Odlišit pána od sluhy,
Jestli nechceme úplně padnout.

Jestli nechceme úplně padnout.

A few centuries of oblivion
To build a prison together,
At the risk of destroying our home.

Between a subjugated nature
And the wild spreads of concrete
Are weaved the threads of our madness.

Between love and reason,
We must distinguish the master from the servant,
If we do not want to fall completely.

If we do not want to fall completely.

L’esprit au bord du gouffre,
Tu perçois l’abîme qui t’invite.

Au dehors de ta caverne d’ombres,
Tu ne sais rien.

Au creux de ton esprit de lumière,
Le sens des lendemains.

Vas-tu persévérer vers ta chute
Ou te mettre à l’écoute de l’infini ?

Ou te mettre à l’écoute de l’infini ?

Duchem na okraji propasti,
Vnímáš hlubinu, která tě vtahuje.

Mimo tvoji jeskyni stínů,
Neznáš nic.

V dutině tvé duše ze světla,
Význam zítřka.

Rozhodneš se k pádu
Nebo budeš naslouchat nekonečnu ?

Nebo budeš naslouchat nekonečnu ?

The spirit on the edge of the abyss,
You perceive the depths that invite you.

Outside of your cave of shadows,
You know nothing.

In the hollow of your spirit of light,
The meaning of tomorrow.

Will you persevere towards your fall
Or start listening to infinity?

Or start listening to infinity?

Remerciements chaleureux à Iva Basovnikova et Matthew Kogoy pour les traductions

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